L’Octave est à l’origine d’une espérance qu’un autre monde aux couleurs de l’évangile est possible. En effet, à côté de ses formes de piété, elle suscite des pratiques de solidarité. En 1978, année du tricentenaire de l’élection de Notre-Dame comme patronne du pays, elle a fait mûrir la vision d’une terre où le handicap ne déshumanisera plus.
Le Christ que Marie porte et nous présente, renvoie bien à nos responsabilités, lui qui nous convoque pour une existence fraternelle. Dès lors il importe de manifester une attention privilégiée aux personnes les plus vulnérables. Le Sauveur ne s’était-il pas donné à reconnaître dans une étable et non point dans un palais? Nous voici alors appelés à identifier nos frères et sœurs en celles et ceux dont la vie est fragile, puisque lui, né dans un contexte de pauvreté, a partie liée avec eux dont la vie demeure précaire et difficile.
Confiés les uns aux autres
Combien de fois au cours de notre histoire nationale, le culte marial a permis de relire justement cette histoire et d’ouvrir un avenir. Il en est de même pour des personnes individuelles, avec leur biographie, avec leurs chances et leurs malchances. Il en est aussi pour les personnes en situation de handicap, avec leurs familles, leur entourage. Marie, elle-même courageuse sous la croix de son Fils, nous a enseigné que la tentation du désespoir est à vaincre. Point de panique ou de repli sur soi-même! Aux croyants justement d’être des veilleurs actifs au lieu de se soumettre à un pessimisme ambiant qui provoque la passivité.
Récemment les évêques français ont écrit: «La volonté de promouvoir un développement humain intégral mobilise des capacités d’intelligence et de compétence humaines au service d’une promesse de vie qui vaut pour tous.» Et de souligner qu’une telle perspective se démarque de schémas pouvant toujours renaître, qui, au motif d’aide et d’assistance, cultivent des relations dissymétriques entre donateurs et destinataires. Ne pas voir en l’autre ce qui lui manque, mais partager avec lui des initiatives et des espoirs communs – telle est bien l’optique du «Tricentenaire asbl Services pour handicapés» depuis sa naissance, il y a plus de trois décennies.
Il y va du développement de la personne humaine en situation de handicap. Et ce développement ne peut être réduit aux seules techniques, mais est lié à des conceptions de l’existence humaine qui renvoient à l’évangile. La référence explicite à l’Octave de Notre-Dame vient révéler le sens profond de l’institution. Ainsi, la confiance mutuelle, la richesse des relations entre les différents acteurs, l’implication responsable d’un chacun en rapport avec les autres ne représentent pas des ajouts au projet, mais sont autant d’éléments constitutifs d’un programme qui porte son attention sur les aspects qualitatifs. Les évêques français de dire justement: «Nous sommes alors confiés les uns aux autres pour tenir en humanité.» Comme Jésus, Marie et Jean au moment de la crucifixion: l’évangile de notre Octave.
Autre belle phrase tirée du fascicule des évêques déjà cité, où est fait appel à notre générosité: «La référence à la gratuité nous libère de nos propres appétits de pouvoir et nous rend attentifs à la liberté de l’autre, tout particulièrement lorsqu’il est fragile.»
Toujours en recherche de nouvelles réponses
La vie même de Dieu Trinité pourrait être un autre point de départ: «Il n’y a de vie que dans un amour partagé. La vocation humaine se déploie alors dans le service mutuel, dans la sollicitude croisée, de celles et de ceux qui se reconnaissent sœurs et frères», disent les mêmes auteurs. Rappelons que le Tricentenaire asbl est depuis 34 ans au service de personnes en situation de handicap et de leurs familles. Il assure aujourd’hui leur accueil et une assistance humaine dans la gestion de leur quotidien à travers différents services: le foyer d’aide aux familles «Emile Künsch» et la résidence «Haus am Bierg» à Walferdange, la résidence «Nico Kremer» et «les pavillons» à Heisdorf, la résidence «A Pultz» à Prettingen, le réseau d’aide et de soins «Hëllef Handicap», ainsi que le service spécialisé de voyages et de loisirs «3,2,1, Vakanz».
Plus de 300 personnes sont ainsi accompagnées chaque année. Et à Bissen le «Centre Jean Heinisch», qui porte le nom de l’initiateur du Tricentenaire, accueille actuellement 31 personnes en service d’activités de jour, six personnes en centre de propédeutique professionnelle (formation) et 17 travailleurs en situation de handicap dans les ateliers de la coopérative «chocolaTRI», imprimerie «TRIprint» et services aux entreprises «prestaTRI». Citons encore le groupe musical «Knupperten» et les cré-activités du «CréaTRI». La Tridoc S.A., cuisine centrale du parc d’Heisdorf, emploie quant à elle deux travailleurs en situation de handicap.
L’année 2012 au Tricentenaire se veut «année du progrès», et cela autour de trois axes privilégiés: la croissance de l’association, le développement de la confiance et l’intensification de la proximité. C’est ainsi que le Tricentenaire est continuellement en recherche de nouvelles réponses aux besoins et attentes des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Le 29 juin prochain, le Tricentenaire, avec ses partenaires européens (réseau Arfie), tiendra un séminaire sur la «bientraitance» (Bâtiment Jean Monet, plus d’informations: seminaire@tricentenaire.lu). Un projet Leonardo da Vinci, financé par l’UE, portant sur une étude exploratoire paneuropéenne sur la notion de bientraitance des personnes en situation de handicap et la formation des professionnels.
PS. La prochaine Kermesse au Tricentenaire sera le dimanche, 3 juin 2012, dès 11 heures dans le Parc des Sœurs de la Doctrine chrétienne à Heis-dorf.
www.tricentenaire.lu
www.coop300.lu
www.321vakanz.lu
www.tridoc.lu
http://projet-bene.jimdo.com