Nic Joosen et Gerhard Mevissen chez Mediart
Disparue en novembre 2007, l'artiste liégeoise Nic Joosen, à la fin des années 80, avait délaissé la peinture pour se consacrer à la sculpture abstraite géométrique. Cette décision fut opportune car dans l'acier Corten, son matériau de prédilection, Joosen laissera libre cours à un vocabulaire minimaliste, sans surplus esthétisant, dotant les sculptures de forces contrastées et d'une autonomie dans l'espace.
Les pièces que nous propose Mediart dans sa nouvelle exposition sont certes de dimension modeste mais nous révèlent l'essence de la production de l'artiste belge. Les polyèdres en Corten libèrent leurs arêtes, déstructurent leurs formes. La rigueur géométrique et mathématique de tels solides est quant à elle contrebalancée par la sensualité du matériau. En effet, l'acier Corten avec son épiderme corrodé lui donnant l'allure d'un vieux cuir ou d'une terre cuite permettait à la sculptrice de jouer sur une partition anguleuse sans que ses œuvres soient ressenties comme agressives par le spectateur. Règnent également dans le travail de Nic Joosen de nombreux contrastes. L'équilibre et le déséquilibre se confrontent en harmonie, les pleins s'opposent aux vides et surtout la simplicité linéaire côtoie la complexité de certaines formes imbriquées. La sensation de pesanteur qui émane de quelques pièces solidement ancrées sur leur socle, s'estompe face à d'autres, dont la presque transparence et la légèreté nous émeuvent. Joosen savait à merveille intégrer sa sculpture à l'espace comme à la nature et l'emplir de connotations spirituelles et méditatives.
Quant aux aquarelles et collages de Gerhard Mevissen, ils dialoguent à merveille avec les sculptures. Tout d'abord par leur palette souvent terreuse qui rappelle les tons rouille de l'acier Corten et surtout car le peintre allemand affectionne également les nuances et les transitions.
Ethérées, légères, ses aquarelles sont dominées par une quête du rendu luministe. En effet, chaque œuvre s'appréhende comme une ouverture, une orée, une clairière d'où irradie la lumière. Les couleurs s'estompent, deviennent des halos où le pinceau inscrit une touche scripturale, une calligraphie personnelle.
Dans les collages, l'artiste semble tendre vers la tridimensionnalité ou du moins le relief. Il superpose, recouvre, fait se chevaucher les fragments de ses travaux. Cet exercice métamorphose les aquarelles en sorte de strates archéologiques, d'humus dans lequel le peintre fait germer son propos. Livres ouverts sur les pages de l'intériorité de l'artiste, ces collages nous interpellent et nous offrent moult perceptions et interprétations.
(texte: Nathalie Becker / Photo: Marc Wilwert)
Jusqu'au 10 mars chez Mediart. 31, Grand-rue à Luxembourg. Du lundi au vendredi de 10 à 18.30 heures.
Les pièces que nous propose Mediart dans sa nouvelle exposition sont certes de dimension modeste mais nous révèlent l'essence de la production de l'artiste belge. Les polyèdres en Corten libèrent leurs arêtes, déstructurent leurs formes. La rigueur géométrique et mathématique de tels solides est quant à elle contrebalancée par la sensualité du matériau. En effet, l'acier Corten avec son épiderme corrodé lui donnant l'allure d'un vieux cuir ou d'une terre cuite permettait à la sculptrice de jouer sur une partition anguleuse sans que ses œuvres soient ressenties comme agressives par le spectateur. Règnent également dans le travail de Nic Joosen de nombreux contrastes. L'équilibre et le déséquilibre se confrontent en harmonie, les pleins s'opposent aux vides et surtout la simplicité linéaire côtoie la complexité de certaines formes imbriquées. La sensation de pesanteur qui émane de quelques pièces solidement ancrées sur leur socle, s'estompe face à d'autres, dont la presque transparence et la légèreté nous émeuvent. Joosen savait à merveille intégrer sa sculpture à l'espace comme à la nature et l'emplir de connotations spirituelles et méditatives.
Quant aux aquarelles et collages de Gerhard Mevissen, ils dialoguent à merveille avec les sculptures. Tout d'abord par leur palette souvent terreuse qui rappelle les tons rouille de l'acier Corten et surtout car le peintre allemand affectionne également les nuances et les transitions.
Ethérées, légères, ses aquarelles sont dominées par une quête du rendu luministe. En effet, chaque œuvre s'appréhende comme une ouverture, une orée, une clairière d'où irradie la lumière. Les couleurs s'estompent, deviennent des halos où le pinceau inscrit une touche scripturale, une calligraphie personnelle.
Dans les collages, l'artiste semble tendre vers la tridimensionnalité ou du moins le relief. Il superpose, recouvre, fait se chevaucher les fragments de ses travaux. Cet exercice métamorphose les aquarelles en sorte de strates archéologiques, d'humus dans lequel le peintre fait germer son propos. Livres ouverts sur les pages de l'intériorité de l'artiste, ces collages nous interpellent et nous offrent moult perceptions et interprétations.
(texte: Nathalie Becker / Photo: Marc Wilwert)
Jusqu'au 10 mars chez Mediart. 31, Grand-rue à Luxembourg. Du lundi au vendredi de 10 à 18.30 heures.