Exposition "Entre chien et loup" d'Astrid Breuer et Philippe Kesseler

Du 18 janvier au 8 février

dans la millegalerie de Beckerich

L’exposition dévoile un espace temps qui explore la frontière floue entre le rêve et la réalité, entre l’ombre et la lumière, le domestique et le sauvage. La lumière décline, les évidences s’estompent créant la confusion des sens et des images. Entre les deux, ce moment où l’on ne distingue plus clairement les choses, irrésitible glissement vers le creux de la nuit où la nature semble reprendre possession de ses droits.

Les animaux en céramique d’Astrid Breuer, issus des contes se montrent sous leur vrai jour... ou pas. Les peintures de Philippe Kesseler se situent entre figuration et abstraction, projetant des ambiances nébuleuses et mystérieuses.

Pour les deux, la nature est principalement au coeur des recherches, que ce soit à travers le monde animal ou végétal. Une nature refuge, une nature marquée par l’homme, une nature résiliente. Les deux artistes racontent des histoires de liberté – insécurité qui évoquent la métamorphose et l’ambiguïté en lien avec la nature et les mythes.

Astrid Breuer laisse ses mains modeler la terre dans une expression libre dévoilant des animaux sortis de son imagination auxquels elle accorde de l’importance à leur donner une présence singulière teintée parfois d’un peu d’humour. Le loup est-il vraiment loup? Est-ce l’animal redouté ou les rôles sont-ils modifiés? Y a t il vraiment un méchant et un gentil? Leurs regards nous attirent et nous invitent à les approcher sans peur. Les contes nous restent de notre enfance et nous rappellent les traits de caractères en filigranes, défauts et qualités qui se jouent au travers des personnages.... Mais ne vous laissez pas berner... entre chien et loup, les apparences sont trompeuses !

L’emloi d’argile blanche et l’usage de techniques mixtes, oxydes, métaux, engobes et pigments, permettent à Astrid d’expérimenter en grande liberté.

Philippe Kesseler explore la matière, qu’il grave, gratte, brûle parfois, laissant apparaître des univers aux nouvelles dimensions, comme sortis de rêves dont on se souvient à peine... ou si, mais d’impressions de couleurs ; de camaïeux de blancs déclinés, d’ocres pâles, de bruns et de noirs profonds, parsemés parfois de signes et de symboles qui lui sont propres et qui ne cherchent pas vraiment de signification. Dans ses paysages nébuleux, on y croise parfois un animal visible, ou juste esquissé, fondu dans le décor comme pour échapper aux yeux des humains. L’artiste revient sans cesse sur ses oeuvres, ajoutant couches après couches, comme pour nous perdre, laissant planer le mystère et les sens cachés dans une profonde retenue. Philippe exploite la peinture, les enduits, la chaux qu’il affectionne et termine souvent par des pigments.

Françoise Bande


Moulin de Beckerich 103, Huewelerstrooss 8521 Beckerich

Exposition accessible du jeudi au dimanche de 14h à 18h, et sur rendez-vous.

621 25 29 79 ou millegalerie@kulturmillen.lu